La facturation, c’est un sujet qu’aucune entreprise ne peut ignorer.
Entre les obligations légales (facture électronique obligatoire via Peppol dès 2026) et la volonté de gagner du temps, le bon outil peut littéralement changer le quotidien d’une PME.
Mais entre les plateformes belges, françaises ou européennes, difficile de s’y retrouver.
Chez Odysia, on a pris le temps de tester plusieurs solutions. Certaines chaque année, d’autres sur le long terme. Voici notre retour d’expérience sans langue de bois.
Comment choisir le bon outil ?
Avant de comparer, il faut savoir ce qu’on cherche.
Un bon logiciel de facturation doit être :
- simple à prendre en main,
- conforme (Peppol, TVA, mentions légales),
- connecté à votre banque ou votre comptable,
- et, idéalement, intégré à votre CRM ou à votre gestion de projet.
Autrement dit : il doit s’adapter à votre façon de travailler, pas l’inverse.
Les solutions testées (et ce qu’on en pense)
Yuki

Yuki est une solution de comptabilité en ligne née aux Pays-Bas et aujourd’hui bien implantée en Belgique. Elle mise sur l’automatisation : lecture intelligente des factures, envoi via le réseau Peppol, rapprochement automatique, tableau de bord financier en temps réel… L’outil est pensé pour fonctionner main dans la main avec les fiduciaires, afin de fluidifier la communication entre le comptable et son client. Tout se passe sur une plateforme cloud, avec des rapports clairs et un suivi constant de la santé financière.Mais malgré ces atouts, Yuki reste difficile d’accès pour une PME qui veut simplement gérer sa facturation seule. Impossible de tester directement : il faut remplir un formulaire et attendre une validation avant de pouvoir entrer dans l’outil. L’approche est clairement orientée “comptable avant tout”. Résultat : un écosystème puissant mais verrouillé, parfaitement adapté aux bureaux comptables, beaucoup moins à une PME qui cherche de la flexibilité et de l’autonomie.
À retenir : un écosystème intéressant côté comptables, mais trop verrouillé pour un usage autonome.
https://www.yukisoftware.com/be-fr/
Lucy

Lucy est une solution belge simple et moderne, pensée avant tout pour la facturation électronique via Peppol. En quelques clics, elle permet de créer, envoyer et archiver ses factures de vente directement sur le réseau officiel, tout en restant conforme aux futures obligations légales. L’interface est claire, accessible depuis le cloud, et s’intègre facilement avec la plupart des logiciels comptables utilisés par les fiduciaires. On apprécie son côté “plug-and-play” : pas besoin d’un ERP ni de formation pour démarrer. En revanche, l’outil reste limité à la partie facturation sortante, il n’est pas possible d’encoder ou de suivre ses factures d’achat, ce qui le rend moins pertinent pour une PME qui veut gérer toute sa comptabilité depuis une seule plateforme.
À retenir : parfait pour émettre des factures électroniques, moins pour une gestion complète.
https://www.lucysoftware.eu/fr-be
Billtobox

Billtobox est une plateforme belge de gestion administrative et financière pensée pour simplifier la vie des PME. Elle centralise la création, la réception et le paiement des factures, le tout dans un espace unique et connecté au réseau Peppol. L’envoi et la réception de factures électroniques y sont fluides, tout comme le partage automatique avec le comptable. L’un de ses vrais atouts, c’est la possibilité d’ouvrir un compte IBAN Billtobox pour payer directement ses fournisseurs sans quitter la plateforme : un gain de temps appréciable. L’outil est fiable et conforme, mais reste un peu rigide : le rapprochement automatique entre les lignes bancaires et les factures d’achat n’est pas encore au point, ce qui limite légèrement son efficacité pour le suivi de trésorerie en temps réel.
À retenir : bon outil de centralisation, mais pas de gestion fluide côté trésorerie.
https://www.billtobox.com/be-fr
EnFact

enFact est un logiciel belge de facturation en ligne, simple mais complet, qui s’adresse aussi bien aux indépendants qu’aux petites PME. Depuis son interface cloud, on peut créer des devis, factures, notes de crédit, factures périodiques ou d’acompte, tout en gardant un œil sur les paiements et le stock. L’outil est compatible avec le réseau Peppol, ce qui le rend déjà conforme aux futures obligations de facturation électronique en Belgique. On apprécie la richesse des fonctionnalités et les nombreuses intégrations possibles (Shopify, CRM, passerelles de paiement…), mais l’interface reste un peu datée et manque parfois de fluidité. Un outil solide et efficace, plus technique qu’esthétique, qui séduira ceux qui privilégient le fond à la forme.
À retenir : très complet pour un petit prix, mais pas le plus agréable à utiliser.
API utilisée pour liaison bancaire : Ponto
Teamleader Focus

Teamleader : CRM + facturation + nouveau module de dépenses… mais pas si gratuit que ça
Teamleader est une solution bien connue qui combine CRM, facturation, devis, tracking du temps et gestion de projet dans une seule interface. C’est un outil complet pour les PME qui veulent centraliser leurs processus administratifs et commerciaux, avec une intégration Peppol pour envoyer et recevoir des factures électroniques.
Récemment, Teamleader a renforcé son module de gestion des dépenses et factures d’achat : il est désormais possible d’uploader et scanner des factures fournisseurs et autres pièces via OCR (reconnaissance automatique du texte) pour les intégrer directement dans le système.
C’est clairement une avancée intéressante :
- on peut importer des factures d’achat, des reçus, ou d’autres dépenses,
- l’outil peut extraire automatiquement les informations clés grâce à la reconnaissance,
- ces dépenses sont directement visibles dans l’interface centralisée.
Mais ce n’est pas totalement “inclus” comme on pourrait l’espérer
Il y a toutefois un point important à clarifier : le module de gestion des dépenses n’est pas totalement “gratuit” en utilisation illimitée. Concrètement :
- par défaut, chaque compte dispose d’un nombre limité de scans gratuits par mois (100 scans).
- au-delà de ce quota, chaque scan continue d’être possible, mais il coûte environ €0,10 par document via le “Teamleader Wallet”.
Autrement dit : si tu dépasses le quota de scans gratuits dans le mois, tu paies pour chaque document, en plus de l’abonnement que tu payes déjà pour utiliser Teamleader. C’est un modèle à l’usage qui peut faire grimper la facture si tu as beaucoup de factures d’achat à encoder.
C’est un détail qui n’est pas toujours mis en avant dans les communications marketing, mais qui devient réel dès qu’on dépasse les 100 documents mensuels.
Ce que ça change concrètement pour une PME
- C’est utile et pratique d’avoir l’encodage des factures fournisseurs directement dans Teamleader — ça évite de jongler avec plusieurs outils.
- L’OCR est bien intégré et améliore le workflow de saisie des dépenses.
⚠️ Mais si tu as beaucoup de factures d’achat, le modèle de tarification au-delà du quota peut devenir coûteux, puisqu’on additionne :
- l’abonnement mensuel Teamleader,
- + des micro-paiements par scan après 100 documents par mois.
En résumé
- Teamleader reste une solution solide pour CRM, devis, facturation et suivi commercial.
- L’ajout du module d’encodage de factures d’achat / dépensess est une vraie avancée fonctionnelle.
- Mais ça n’est pas totalement “gratuit” ou inclus dans l’abonnement : au-delà d’un certain nombre de scans, tu paies par document, en supplément de ton abonnement.
C’est un point important à mentionner pour des PME qui avaient l’impression de gagner une fonctionnalité 100% intégrée sans coûts additionnels.
Accountable

Accountable selon votre profil
Pour l’indépendant seul
Pour un indépendant sans employé, Accountable permet d’aller très loin dans l’autonomie.
L’outil automatise une grande partie des tâches comptables courantes : suivi des revenus et dépenses, calculs de TVA, préparation des déclarations, recommandations fiscales.
👉 En pratique, un indépendant peut gérer une grande partie de sa comptabilité lui-même, avec un outil clair et structuré.
Cela dit, nous manquons encore de retours d’expérience sur le long terme pour affirmer qu’un comptable humain peut être totalement écarté dans tous les cas.
Pour une petite PME (1, 2 ou 3 employés)
Pour une petite PME, la logique change légèrement.
Accountable reste très pertinent pour :
- le pilotage financier,
- la centralisation des données,
- la lisibilité pour le dirigeant.
En revanche, dès qu’il y a des employés, une gestion salariale ou une structure plus complexe, l’outil est le plus souvent utilisé en collaboration avec un comptable.
Et c’est là qu’Accountable est bien pensé 👇
Les données peuvent être exportées facilement en PDF, UBL ou CODA, ce qui rend l’échange fluide et propre.
👉 Chez Odysia, c’est exactement ce que nous faisons :
Accountable pour le quotidien et la vision globale, avec un comptable qui travaille sur Winauditor, sans ressaisie inutile ni friction.
Ce qu’Accountable ne fait pas (encore)
C’est important de le dire : Accountable ne cherche pas à être un ERP tout-en-un.
Aujourd’hui, certaines limites existent :
- ❌ Pas de liaison directe avec les secrétariats sociaux
(SD Worx, Partena, Acerta…)
→ la gestion des salaires reste externe. - ❌ Pas de module natif de time tracking
→ moins adapté aux agences ou équipes facturant au temps. - ❌ Pas d’intégrations e-commerce avancées
→ pas de synchronisation native avec Shopify ou WooCommerce (ventes, paiements, stocks).
Ces limites ne sont pas bloquantes pour les indépendants ou petites structures orientées services, mais peuvent devenir contraignantes pour des organisations plus complexes ou très outillées.
Notre conclusion
👉 Si votre priorité est la clarté, la simplicité et le pilotage au quotidien, Accountable fait clairement partie des meilleures options aujourd’hui en Belgique.
Dès que les besoins deviennent plus complexes — salaires, e-commerce, suivi du temps — il faudra soit l’accompagner d’autres outils, soit se tourner vers des solutions plus lourdes et plus structurées.
Odoo

Odoo, c’est la fierté belge : un logiciel de gestion tout-en-un capable de tout faire, du CRM à la facturation en passant par la comptabilité, les stocks ou les projets. Grâce à son système de modules, on peut activer uniquement ce dont on a besoin et faire évoluer la plateforme au rythme de son entreprise. Sur le papier, c’est une solution impressionnante, complète et très compétitive côté prix. Mais dans les faits, l’interface reste complexe et peu intuitive. Je le teste chaque année, dans l’espoir de pouvoir enfin adopter une solution 100 % belge, mais je n’y arrive pas encore : trop de menus, trop de réglages, trop de friction pour un usage quotidien. Odoo reste donc une formidable machine, mais qui demande un vrai investissement en temps (ou un intégrateur dédié) pour en tirer pleinement parti. Cela dit, je sais de source sûre qu’Odoo a récemment renforcé ses équipes avec une pléiade d’UX et UI designers, et je me doute que les prochaines versions mettront enfin le paquet sur l’expérience utilisateur. Bref, un outil incroyable sur le fond, qui n’attend plus qu’un vrai coup de polish sur la forme.
“J’aimerais vraiment soutenir une solution 100 % belge, mais… l’interface reste un vrai parcours du combattant.”
À retenir : une solution incroyable sur le papier, mais pas encore pensée pour les PME qui veulent de la simplicité au quotidien.
Axonaut

Axonaut : une solution complète… mais très orientée France
Axonaut est souvent présenté comme un outil tout-en-un : CRM, devis, facturation, suivi commercial, trésorerie et comptabilité simplifiée, le tout dans une interface moderne et bien pensée. Sur le papier, c’est une solution séduisante pour les TPE et PME qui cherchent à centraliser leurs outils.
Axonaut a également intégré le réseau Peppol, ce qui lui permet d’émettre et de recevoir des factures électroniques structurées. C’est un point positif, notamment dans le contexte de l’obligation progressive de l’e-facturation en Belgique.
Cela dit, lorsqu’on regarde l’outil avec un prisme belge, plusieurs limites importantes apparaissent.
Un outil optimisé pour la législation française
Axonaut est avant tout conçu pour répondre aux obligations légales françaises.
Les workflows, les logiques fiscales, certaines mentions légales et les automatisations sont pensées pour le cadre réglementaire français, pas belge. L’outil fonctionne, mais il n’est clairement pas optimisé nativement pour la réalité administrative belge.
Des intégrations sociales… françaises uniquement
Axonaut propose des plugins et intégrations avec des acteurs du secrétariat social français.
En revanche, il n’existe pas de liaisons équivalentes avec les secrétariats sociaux belges comme SD Worx, Partena ou Acerta. Pour une entreprise belge avec des employés, cela limite fortement l’automatisation et oblige à conserver des processus parallèles.
Le “compte pro” inclus : attention au détail
Dans ses offres, Axonaut met en avant un compte professionnel intégré, présenté comme un avantage concurrentiel.
Ce qui est moins explicite, c’est que ce compte pro est réservé aux entreprises françaises. Il s’agit d’un compte bancaire avec IBAN français, soumis aux conditions de domiciliation et de conformité françaises.
👉 Concrètement, les indépendants et PME belges ne peuvent pas en bénéficier, ou en tout cas pas dans des conditions normales d’utilisation. Pour un public belge, cet avantage est donc à relativiser fortement.
En résumé
- ✅ Axonaut est une solution riche et bien conçue, particulièrement efficace pour les entreprises françaises.
- ✅ Le support de Peppol le rend utilisable pour la facturation électronique en Belgique.
- ⚠️ Mais l’outil reste très centré sur la France : législation, intégrations sociales et services bancaires inclus.
👉 Pour une entreprise belge, Axonaut peut convenir pour du CRM et de la facturation, mais il faudra accepter des compromis et l’absence d’intégrations locales clés. Ce n’est pas un outil pensé “Belgique first”.
Billit

Billit est une solution belge de facturation en ligne déjà entièrement compatible avec le réseau Peppol, ce qui en fait un excellent choix pour anticiper l’obligation de facturation électronique. L’outil permet de créer, envoyer et recevoir des factures, tout en automatisant leur traitement et leur archivage. On peut aussi connecter son compte bancaire pour faire le rapprochement automatique entre les paiements et les factures, ce qui simplifie énormément le suivi de trésorerie. Billit dispose en plus de nombreuses intégrations avec les principales banques, logiciels comptables (comme WinBooks, Exact Online ou Sage BOB) mais aussi avec des plateformes e-commerce comme Shopify ou WooCommerce, ce qui le rend particulièrement adapté aux entreprises actives en ligne. C’est une solution solide, locale et conforme, même si son interface, un peu datée, mériterait une refonte pour être à la hauteur de ses performances techniques.
À retenir : excellent sur la partie technique, mais l’expérience utilisateur mériterait un vrai lifting.
Notre synthèse rapide
- Vous êtes indépendant ou freelance → Accountable reste la solution la plus fluide, simple et mobile.
Idéale pour gérer vos factures, vos dépenses et votre TVA sans prise de tête. - Vous dirigez une petite PME souple → Axonaut est, selon nous, le meilleur équilibre entre puissance, simplicité et design.
CRM, facturation, gestion de projets et marketing, tout est réuni dans un seul outil bien pensé. - Vous gérez une agence ou une PME plus structurée → Teamleader offre un vrai cockpit de gestion : CRM, planning, facturation, projets.
Odoo, de son côté, reste une option redoutable si vous avez le temps (et la patience) de le configurer. - Votre priorité, c’est la conformité Peppol et la transmission vers votre comptable → Lucy, Billtobox ou Billit sont des valeurs sûres.
Elles facilitent les échanges électroniques tout en restant compatibles avec la plupart des fiduciaires. - Vous travaillez main dans la main avec une fiduciaire connectée → Yuki peut être intéressant, à condition d’accepter son système d’accès un peu verrouillé.
En conclusion :
La facturation électronique via Peppol n’est plus une option : à partir du 1er janvier 2026, toutes les entreprises belges assujetties à la TVA devront obligatoirement envoyer et recevoir des factures électroniques structurées via le réseau Peppol, en remplacement des PDF ou factures papier pour leurs échanges B2B.
Dans ce contexte, choisir le bon logiciel devient stratégique, pas seulement un luxe ou un confort.
Chaque solution présentée ici a sa logique :
- Certaines solutions misent sur la simplicité d’usage et l’autonomie (comme Accountable ou enFact), particulièrement utiles pour les indépendants et petites entreprises.
- D’autres proposent une offre fonctionnelle plus large (CRM, projet, facturation, automatisations), mais peuvent être moins optimisées ou plus coûteuses selon les cas (comme Teamleader avec ses scans au-delà d’un quota mensuel, ou Axonaut avec des fonctionnalités centrées sur la législation française).
- Enfin, des outils belges natifs (Billit, Billtobox, etc.) peuvent être particulièrement adaptés si votre priorité est la conformité Peppol et la collaboration fluide avec votre fiduciaire.
Chez Odysia, l’expérience montre que le meilleur logiciel n’est pas forcément le plus complet, mais celui qui s’intègre naturellement à vos workflows, répond aux obligations légales belges et qui facilite la liaison avec votre comptable ou fiduciaire.
👉 Avant de choisir, pensez à :
- la compatibilité Peppol (envoi et réception de factures structurées),
- les liaisons bancaires proposées (automatisation, banques belges supportées),
- les plugins et intégrations disponibles (comptables, secrétariat social, e-commerce, time tracking),
- et les services inclus vs coûts additionnels (scans OCR, modules payants, facturation à l’usage).
C’est souvent sur ces détails d’intégration et d’usage réel que se joue la différence entre un outil qui “fonctionne” et un outil qui vous fait réellement gagner du temps et garantit la conformité légale.